vendredi 7 octobre 2011

Pourquoi je voterai Montebourg aux primaires socialistes

Déjà, pourquoi ai-je décidé d'aller voter à la primaire socialiste, moi qui ne suis pas socialiste?
Et bien parce que je risque d'être amené à voter pour le candidat socialiste au second tour de l'élection présidentielle de l'année prochaine et à souhaiter qu'il soit élu, s'il est opposé à Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen. Autant donc saisir l'opportunité de choisir l'identité de ce candidat pour qu'il rencontre mieux mes attentes.

A partir de là, il me restait à choisir parmi les prétendants. Alors pourquoi Arnaud Montebourg, alors que politiquement sur l'échiquier politique il est le plus éloigné de celui que j'ai soutenu depuis 2007?
- D'abord parce qu'il a défendu avec force par le passé une réforme des institutions, la fameuse VIème république où notamment le président concentrerait moins de pouvoirs et d'attention et le parlement davantage.
- Ensuite parce qu'il semble prendre la mesure de la nécessité d'encadrer réellement le système financier
- D'autre part parce qu'il a montré qu'il était soucieux de l'éthique, en dénonçant les malhonnêtes de son propre parti.
- Enfin parce que les dirigeants actuels et passés que sont Martine Aubry et François Hollande mettent en avant des mesures qui pour moi ne sont pas à la hauteur des enjeux et ne sont pas suffisamment innovantes, tandis que Montebourg souhaite par exemple développer les sociétés coopératives, idée un peu plus profonde pour moi qu'un contrat de génération synonyme d'aubaine fiscale d'un côté ou des emplois jeunes de l'autre.

Institutions, Finance et Éthique sont trois mots-clés cruciaux à mes yeux, surtout lorsqu'il s'agit d'imaginer ce que doit être un président de la république. Et c'est parce qu'elle me semble également mener ces combats que je soutenais Eva Joly pour la primaire écologiste. Par conséquent je dirais qu'avec François Bayrou, ils sont actuellement mes trois personnalités politiques préférées.

mardi 5 avril 2011

"Notre Démocratie!"




Voici le texte de 1999 mots exactement proposé au concours "Notre démocratie!" organisé par la revue québécoise Éthique publique (http://www.ethiquepublique.com/p/concours-notre-democratie.html). La nécessité d'être concis a certainement porter préjudice à la qualité de la rédaction et au développement de l'argumentation, mais dès le départ j'ai voulu être complet et parler de beaucoup de choses pour obtenir une cohérence d'ensemble.


"Le fossé entre les citoyens et la politique se creuse chaque jour davantage: malgré le droit de vote la majeure partie de la population n'a pas l'impression de maîtriser son destin collectif, et cela se traduit par un discours ambiant portant sur l'inutilité de voter, sur le fait que les élites s'associent pour laisser la « base » à l'écart, ou encore la mainmise de puissances parallèles (économiques) sur la façon dont fonctionne notre société. Tout cela se traduit par de l'abstention, du désespoir et l'abandon de plus en plus prononcé des leviers d'actions existants (engagement politique, associatif, syndical...). L'individualisme et le repli sur soi remplace la volonté de construire jour après jour, ensemble, notre destin collectif.

Cela montre qu'un système démocratique doit évoluer bien au delà du simple droit de vote pour être en bonne santé: éducation, fiabilité de l'information, représentativité des élites, respect de principes de base dans le fonctionnement des institutions... sont autant de domaine à améliorer jour après jour, afin d'enrayer le déclin démocratique actuel.

Développement de la conscience citoyenne à l'école


La condition première d'un développement de la démocratie est une élévation de la conscience des citoyens sur les enjeux de la société dans laquelle ils vivent. Cela commence bien sûr par l'Éducation, car l'école est le lieu le plus approprié où donner les bases de la réflexion citoyenne.

- L'éducation civique telle qu'elle existe aujourd'hui est trop limitée: les différents courants de pensée et doctrines d'organisation de la société existants ou ayant existé devraient être mieux enseignés, de même que les différentes pensées économiques, qui sont aujourd'hui au cœur des débats publics.
- Ceci doit se coupler avec l'étude des disciplines favorisant l'esprit critique: l'analyse des techniques de « communication », pouvant parfois friser la manipulation, employées par les personnes ou les institutions et susceptibles d'influencer les opinions (principes de rhétorique, rapport à l'image...).
-Ensuite, habituer à la réflexion et à la manipulation d'idées abstraites en initiant à la philosophie bien plus tôt qu'en terminale, de façon plus simple et plus ludique, parce qu'on constate aujourd'hui que nombre d'élèves de terminale ne s'intéressent pas à cette discipline.
-Enfin, le fait que les programmes scolaire d'histoire se terminent la plupart du temps avec la seconde guerre mondiale prive les élèves des événements les plus récents, pourtant nécessaires pour appréhender les grands enjeux de société actuels.

Le préalable de ces cours sera d'apprendre aux élèves à avoir conscience de la subjectivité potentielle de ses enseignants pour pouvoir prendre du recul.

L'enseignement de ces différents aspects permettrait certainement aux nouvelles générations de mieux maîtriser leurs capacités de réflexion et d'analyse vis-à-vis de la société qui les entoure, ce qui par conséquent leur donne davantage de pouvoir sur elle.

Pour accélérer le processus, on peut également imaginer que des formations pour adultes soient encouragées sur ces sujets, toujours en prenant bien garde qu'aucune idée ou opinion ne soit excessivement mise en avant par rapport à ses concurrentes.

Information et Médias

Au delà de l'éducation première, il est primordial que les citoyens aient accès à une information de qualité.

Malgré le développement de la liberté de la presse et la multiplication des sources d'informations, on constate aujourd'hui quelques écueils de nature à entraver cette nécessité.
Tout d'abord la concentration des médias que l'on a pu constater ces dernières années diminue le pluralisme, et lorsque les propriétaires de ces médias sont en plus trop proches d'intérêts particuliers tels que des puissances économiques (ou sont eux mêmes des acteurs économiques), cela risque de biaiser ou d'orienter trop fortement l'information présentée au citoyens, surtout lorsque ceux-ci ne sont pas armés pour comprendre les influences qui peuvent s'exercer.
De simples lois de non-concentration et d'indépendance des propriétaires de médias vis-à-vis de la commande publique, couplées à un affichage obligatoire des organismes liés d'une manière ou d'une autre au média permettrait déjà de résoudre en bonne partie ces problèmes. Garantir l'indépendance des rédactions vis-à-vis des problématiques financières (actionnariat et publicité) est l'objectif à atteindre.

Pour aller plus loin, il est possible d'imaginer un système innovant et démocratique de création de nouveaux médias par les citoyens eux-même, susceptible d'enrichir l'offre existante.
Ce système permettrait à toute personne souhaitant créer un média d'information (journal, radio, chaîne de télévision, portail internet...) de soumettre son projet au regard de ses concitoyens. Tous les ans, par exemple, un appel au vote serait lancé pour choisir le projet qui bénéficiera automatiquement d'une subvention publique pour financer son lancement. Les nouvelles technologies de l'information permettent aujourd'hui d'imaginer de nouveaux outils démocratiques de ce type, dont la création de nouveau médias n'est qu'une des nombreuses possibilités.
Un autre problème répandu actuellement dans les médias d'information est la prédominance d'informations superficielles telles que les « petites phrases » des politiques, les analyses centrées sur la stratégie politique, l'usage de sondages dont on ne présente jamais les faiblesses méthodologiques et qui pourtant influencent inévitablement l'opinion. Tout cela au détriment du fond, de la confrontation des points de vue, des projets des uns et des autres, des études indépendantes...
Il est toujours délicat de réglementer sur ces sujets, car cela revient en quelque sorte à « cadrer » par la loi la liberté de la presse, néanmoins cela pourrait avoir un effet très bénéfique d'obliger à analyser le fond des idées des acteurs cités dans des articles et à les confronter lorsqu'on relate un extrait d'interview ou analyse une situation politique, ou encore à limiter l'usage des sondages.

Représentativité des assemblées et des partis politiques


Au delà de l'Éducation et de l'information du citoyen, il faut également se pencher sur la qualité de notre représentation, car si la démocratie implique que le peuple doit détenir le pouvoir, il ne peut l'exercer tout entier tout le temps et doit donc se choisir des représentants. C'est la façon dont il choisit ses représentants qui peut être améliorée aujourd'hui.

En effet la représentativité réelle d'une assemblée comme le parlement national ou les assemblées territoriales est intrinsèquement liée au mode de scrutin en vigueur. Lorsqu'un scrutin majoritaire est préféré à un scrutin proportionnel, la composition de l'assemblée qui en résulte ne respecte pas les proportions des suffrages exprimés par les électeurs, et ceci au nom d'une certaine stabilité, et de la volonté de ne pas avoir à faire de compromis ou de coalition dans l'exercice du pouvoir. Or d'autres pays comme la Suède ou l'Allemagne ont un mode de scrutin proportionnel, de même que le parlement européen. Dans ce cas, certes, la majorité absolue devient plus difficile à obtenir pour un parti politique, mais cela permet de voir une loi adoptée uniquement si les représentants de plus de la moitié de la population la soutiennent, alors qu'aujourd'hui en France ce n'est pas le cas. Cela a également pour conséquence directe de ne plus pénaliser les forces politiques de moindre importance, ce qui les aide à se développer et à devenir des alternatives crédibles, au bénéfice du pluralisme et du dynamisme du paysage politique.

On s'aperçoit en plus qu'en France le pouvoir législatif a actuellement un pouvoir très limité puisqu'il prend très peu d'initiatives que le pouvoir exécutif ne soutienne pas. Cela s'explique également par le fait que les députés qui exprimeraient une opinion originale risquent de perdre l'investiture de leur parti à l'élection suivante. Deux solutions peuvent être envisager pour résoudre ce problème: d'une part limiter le cumul des mandats (en même temps, et dans la durée), qui permettrait en même temps d' « aérer » la démocratie et de ne pas avoir que des« professionnels » de la politique à l'assemblée mais plus de représentants de l'ensemble des composantes sociologiques de la société. D'autre part, rendre obligatoire un fonctionnement démocratique interne de toutes les formations politiques, généralisant l'élection à bulletin secret par les adhérents de leurs candidats pour chacune des élections, et également du contenu du programme.
Cela encouragerait très certainement l'engagement politique.

Désignation du chef de l'État


La fonction présidentielle concentre aujourd'hui beaucoup de passion et d'attention, et on peut se poser des question sur la manière de l'attribuer et de l'exercer.

La constitution française précise que le président doit représenter tous les français, par conséquent c'est une fonction qui doit rassembler et non cliver. Le mode de scrutin actuel, uninominal à deux tours n'est pas le mieux adapté pour cela, comme l'a démontré la qualification au second tour du candidat de l'extrême droite en 2002, alors que près de 80% des français ne voulait surtout pas de lui comme président. Des modes de scrutin demandant aux électeurs leur opinion sur l'ensemble des candidats (technique dit du « jugement majoritaire ») ou d'établir un classement (« méthode Condorcet ») permettent d'élire le candidat le plus consensuel et donc le plus apte à exercer une fonction de cet ordre.
D'autre part, cela éviterait le phénomène de « vote utile », ou l'énorme influence que peut avoir sur les résultats de l'élection une candidature supplémentaire qui bouleverse la distribution des voix et peut empêcher une qualification au second tour. Les candidats potentiels seront donc au final davantage libres de se présenter sans mettre en péril les concurrents proches d'eux, et les électeurs auront davantage de choix puisqu'il pourront voter en leur âme et conscience sans provoquer de second tour malheureux comme cela a pu être le cas en 2002 en France.
Enfin, concernant la campagne présidentielle, les différences de visibilité des différents candidats rendent la compétition injuste: l'exposition médiatique et le budget de campagne de chacun devraient être identiques pour corriger cela.

Indépendance de la justice

Le pouvoir judiciaire, dont l'indépendance est d'une importance cruciale, est pourtant presque totalement (hormis les juges d'instruction) rattaché au pouvoir exécutif. Il est nécessaire et urgent de couper ce lien, par exemple en faisant en sorte qu'il faille une très large majorité de parlementaires pour élire un ministre de la justice faisant l'unanimité.

Lien élu-électeur

La meilleur façon de garantir qu'un élu représente bien ses électeurs est de tisser un lien entre eux, qui n'existe pas suffisamment actuellement: On peut ainsi par exemple imaginer l'envoi systématique des justifications de votes des députés à ceux qui en font la demande, ainsi qu'un récapitulatif complet en fin de mandat à l'ensemble des électeurs en compagnie de l'éventuelle profession de foi en cas de candidature à une reconduction de mandat.
A l'inverse, les électeurs pourraient être invités pour chaque projet de loi en examen à l'assemblée à donner leur opinion de manière construite ou simplifiée via un référendum qui ne serait que consultatif. Tout ceci rendrait le représentant davantage responsable de son vote.

De plus, afin de garantir que les préoccupations les plus répandues et les plus urgentes soient véritablement traitées par les élus, on peut introduire à l'ordre du jour de l'assemblée nationale de manière régulière un débat portant sur un sujet proposé par les citoyens, choisit par vote via un outil internet de démocratie directe (les mairies devant le mettre à disposition de leurs administrés qui n'ont pas internet).
En plus de garantir la tenue des débats qui préoccupent la population, ceci contribuerait à développer un sentiment d'appropriation de la démocratie, aux dépens de celui d'impuissance et de mise à l'écart.

Incitation à la participation citoyenne


Les améliorations proposées en matière d'éducation, d'information et de représentation sont de nature à pousser à davantage de participation citoyenne. Toutefois, un coup de pouce supplémentaire peut être envisagé, en développant le service civique obligatoire qui confronterait l'ensemble des jeunes à leur potentiel d'action en faveur de l'intêret général. Au delà des jeunes on peut inciter davantage l'ensemble de la population à l'engagement bénévole, en premier lieu les inactifs mais aussi les actifs par le développement du mécénat de compétences.
Concernant les entreprises, la formation de sociétés coopératives (SCOP) en remplacement d'organisations actuelles permettrait à la démocratie de se développer dans le domaine privé, donnant davantage de pouvoir aux salariés et leur permettant de prendre en main de manière collective la responsabilité sociétale de leur activité professionnelle.

Ces quelques pistes permettraient à mon sens de faire naître une nouvelle dynamique de progrès et d'évolution de la démocratie."

mercredi 24 mars 2010

Quel dispositif économique adopter pour lutter contre les émissions de CO²?

Un petit tour d'horizon du sujet, avec mes préconisations, alors que Nicolas Sarkozy a renié les engagements qu'il avait pris en abandonnant l'introduction d'une fiscalité écologique en France.

La taxe carbone

Pourquoi envisager une taxe carbone ?

En ce qui concerne la problématique environnementale, la science ignore toute idéologie et les informations qu’elle nous fournit sont totalement apolitiques : elles nous amènent à la conclusion que le problème du réchauffement climatique représente la plus grande menace pesant sur l’humanité.
C’est en tout cas l’avis de l’immense majorité des scientifiques, et de l’intégralité de ceux qui ont travaillé de manière approfondie sur le sujet au cours des dernières décennies.
En guise de résumé rapide de la situation : les études montrent que, du fait des émissions de gaz à effet de serre, il faut s’attendre à une poursuite du réchauffement qui irait selon les scénarios d’un peu moins de 2°C à plus de 6°C pour la température moyenne à l’échelle du globe. C'est-à-dire qu’on pourrait atteindre une différence de même ampleur que celle qui existe entre la température moyenne d’une ère glaciaire et celle d’aujourd’hui.
Dans le cas où l’on ne réagirait pas, cela aurait certainement de graves conséquences (désertifications, sécheresses, montée des eaux, inondations, refroidissements par perturbation des courants marins…) dont certaines sont déjà observables, bien qu’il soit difficile de prévoir l’ampleur qu’elles pourraient atteindre.
D’autre part, les scientifiques considèrent qu’au-delà d’un réchauffement de 2°C, le risque que surviennent des phénomènes d’emballement sur lesquelles nous n’aurions pas de prise augmente de façon exponentielle. Leur recommandation est donc de limiter ce réchauffement à 2°C, en réduisant par 4 des émissions d’ici 2050. C’est cet objectif qui a été fixé au niveau européen.
Au vu de l’importance et de l’ampleur de la tâche, tous les moyens politiques doivent être envisagés pour y parvenir. C’est pour cette raison que la question de la mise en place d’une taxe carbone doit être étudiée.

En quoi consisterait-elle ?

Par le passé, on a toujours considéré qu’émettre des gaz à effet de serre dans l’atmosphère ne causait aucun dommage.
A présent que l’on sait que ce n’est pas le cas, il s’agit de mettre un prix à ces émissions, ce qui se matérialise par une taxe appliquée à la source des émissions, c'est-à-dire l’énergie. Un prix qui refléterait les dommages causées par ces émissions sur l’atmosphère selon le principe communément admis de « pollueur, payeur ».
Lorsque quelque chose de gratuit devient payant, sa demande diminue quasi-automatiquement (dans une proportion qui dépend de divers facteurs, c’est ce qu’on appelle l’ «élasticité-prix».
La commission Rocard, qui a travaillé sur la taxe carbone, a fixé un montant de départ de 34 euro par tonne de CO² émise. Pourquoi cette somme ? Parce que c’est le seuil à partir duquel les énergies moins émettrices deviennent rentables par rapport aux énergies les plus émettrices.
Ce signal prix doit pousser les entreprises et les ménages à orienter leurs choix de comportement de manière à diminuer la quantité de GES émise, c'est-à-dire la quantité d’énergie fossile utilisée.
Quels sont les inconvénients ?
Une taxe supplémentaire entraîne un coût supplémentaire, pour les entreprises comme pour les ménages.
- les entreprises françaises sont dans une situation de concurrence avec les entreprises étrangères. Toute charge pesant sur ses épaules la rend moins compétitive, et par conséquent une entreprise soumise à la taxe carbone est handicapée par rapport à une entreprise étrangère qui n’y serait pas soumise.
-Un grand nombre de ménages a déjà des difficultés à faire face au coût de la vie actuel. Toute augmentation des prix aura pour conséquence d’accroître ces difficultés. Cette taxe frapperait donc durement les ménages les plus pauvres.

Comment répondre à ces inconvénients ?

Pour les entreprises :
Tout d’abord, il est possible d’introduire la taxe carbone en remplacement d’une autre taxe. Ainsi, les charges sur le travail, qui augmentent lorsque l’entreprise créée des emplois, c'est-à-dire lorsque l’entreprise a un comportement positif, peuvent diminuer au profit d’une charge sur la pollution, qui au contraire sera s’autant plus lourde que l’entreprise n’est pas vertueuse pour l’environnement. Au final, on ferait donc en sorte que la fiscalité des entreprises incite davantage aux bons comportements, tout en ayant la possibilité de maintenir le total des charges constant.
Ensuite, il est possible que la taxe carbone améliore la compétitivité des entreprises françaises vis-à-vis des entreprises étrangères au lieu de la plomber : il suffit d’appliquer également une taxe carbone aux produits importés en France, afin là encore de pénaliser les produits à fort impact environnemental, plutôt que de leur permettre de profiter du fait qu’ils ne seraient pas soumis à cette taxe pour être moins cher que les produits français.
D’ailleurs la charge pèserait davantage sur les produits importés, puisque dans la majorité des cas, il faut les transporter sur de longues distances, ce qui augmente ses émissions de gaz à effet de serre, et donc induit une plus forte taxe carbone, donc un prix plus élevé. Les produits « locaux », et notamment français, gagnent donc en compétitivité grâce à cette taxe.
Cela pourrait donc inciter à une relocalisation de notre industrie, et donc ramener des emplois en France.
Pour les ménages :
La taxe a pour objet de rendre les produits et services peu émetteurs moins chers que les produits très émetteurs pour les ménages. Là où le prix des produits peu émetteurs peut tirer profit d’un transfert de charge pour les entreprises du travail vers le carbone, les produits et services très émetteurs, comme la voiture par exemple, peuvent être incontournable pour une partie des ménages. Des ménages dans une situation particulière comme une famille vivant dans une maison mal isolée, située en dehors du réseau de transports en commun, verront leurs factures augmenter fortement malgré tous leurs efforts.
Dans le but de permettre aux faibles revenus de faire face à cela, il est donc nécessaire d’employer les produits de la taxe à les aider à réduire la facture. Il est possible de :
- leur proposer de financer complètement des travaux de rénovation de l’habitat (isolation, autoproduction d’énergie renouvelable, renouvellement d’équipements)
- développer le réseau de transport en commun, inciter les entreprises à mettre en place des navettes d’entreprise, à développer le télétravail, à organiser de manière globale et efficace le covoiturage…
Ces mesures publiques se combineront avec l’évolution irrémédiable des entreprises qui pour répondre à la demande développeront des produits et services plus sobres en carbone (voitures plus légères, efficacité énergétique des équipements, diminution des emballages, relocalisation des productions…)
La taxe carbone, si elle s’accompagne de baisses d’autres charges, qu’elle est étendue aux importations, et que son produit est utilisé pour soutenir les plus démunis facilitera la transition vers une société sobre en carbone. En cela, elle fait partie des moyens à mettre en œuvre pour parvenir à limiter le changement climatique et faire face en douceur à l’épuisement des ressources fossiles.

Une alternative : les quotas d’émission

Dans le but de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, un système alternatif consisterait à étendre le système de quotas d’émissions mis en place pour les grandes entreprises aux particuliers.
Ce système serait particulièrement lourd à mettre en place, mais aurait l’avantage d’être très efficace.
Comment fonctionne de système actuellement ?
L’Etat reçoit par l’Union Europe un objectif de réduction de ses émissions, et donc un « quota » global d’émissions à ne pas dépasser. L’Etat ensuite répartis ce montant entre les différents postes d’émissions, et notamment attribue des quotas aux grandes entreprises. Si une entreprise dépasse son quota, elle doit en acheter auprès d’une autre entreprise qui elle en dispose en excédent à un prix fixé par une bourse des marchés carbone. Cela garantie qu’au total l’ensemble des entreprises ne dépasse pas le montant d’émissions fixées au départ.
Comment étendre ce système aux particuliers ?
Il s’agit de quantifier les émissions globales du pays de manière à atteindre les objectifs conseillés par les scientifiques (établir par exemple une baisse annuelle de cette quantité de 2%), puis de diviser cette quantité par le nombre d’habitants. Chacun disposera donc de la même enveloppe d’émissions pour l’année. Ceux qui auront besoin de davantage devront acheter une partie des émissions d’un autre particulier, qui ne compte pas l’utiliser. Pour cela il faut mettre en place :
- une étiquette carbone précise, et certifiée, de tous les produits et services vendus, sans exception,
- un compte carbone personnel unique et obligatoire fonctionnant comme le compte bancaire et en parallèle de celui-ci, et qui serait débité lors de n’importe quel achat.
Ce système impacte beaucoup plus la vie quotidienne et nécessite beaucoup plus d’investissements que la taxe carbone. Il représente toutefois l’assurance d’un système plutôt équitable (le pouvoir d’émissions de chacun est nettement moins dépendant de ses revenus) et efficace au cas où tous les autres se révéleraient insuffisants.

mardi 16 mars 2010

Mon analyse des résultats des élections régionales

Les français ont utilisé tous les moyens qu'ils avaient à leur disposition pour exprimer leur ras-la-bol:

-Abstention tout d'abord: c'est selon moi un comportement particulièrement inutile et inexcusable au vu du large choix politique proposé au 1er tour, en tout une dizaine de liste, et cela revient à laisser les autres choisir pour soi.
Pourtant il faudrait en profiter: le projet de réforme du mode de scrutin pour les régionales vers un mode uninominal à un tour aura pour conséquence de tuer tout autre parti que les deux dominants (comme aux législatives mais en encore pire...).
-de nombreux votes socialistes en guise d'opposition au gouvernement
-un FN assez fort, sans doute favorisé par les thèmes xénophobes mis sur la table dernièrement dans les médias...

Pourquoi pas le MoDem, dont les électeurs se sont massivement détournés, hormis en Aquitaine? D'abord, en situation de crise profonde l'électeur a moins tendance à rechercher la complication: parce qu'il recherche une protection sociale et que le PS est toujours l'opposant "officiel" du gouvernement, il est apparu comme le choix logique, le premier qui vient à l'esprit. Dans ces conditions le choix de candidats peu connus d'un nouveau parti peu identifié est difficile.
Une preuve à cela: dans une région le MoDem triple son score simplement parce que sa tête de liste est connue.
Le vote démocrate a besoin d'une implication plus forte, d'un vote basée sur des idées et un programme particulier. Autant d'éléments qui ont eu peu voix au chapitre pendant une campagne de caniveau.

Le niveau de la campagne a-t-il été choisi à dessein par ceux qui pensaient que cela leur profiterait? En tout cas, de fait l'absence de débat d'idée ne profite pas aux petits partis qui voudraient renverser l'ordre établi... Que le PS et l'UMP, incapables de résoudre les nombreux et graves problèmes posés à notre société, restent aux manettes empêche une nouvelle fois qu'une voie politique nouvelle se développe, une voie politique qui innoverait, et qui pourrait même séduire les nombreux électeurs qui ne veulent plus entendre parler de politique.

De même une autre troisième force possible, la voie écologique, s'est affaiblie en raison d'une part de l'habileté de Sarkozy à associer l'écologie à sa conception, bâclée, de la taxe carbone, et d'autre part de l'écho médiatique donné aux climato-cyniques, lobbyistes niant le réchauffement climatique et par là même 30 ans de travaux scientifiques.

Les motifs de satisfaction:
-La majorité présidentielle subit une débâcle sans précédent dans l'histoire, ce qui montre que les français sont de moins en moins dupes des mensonges de Sarkozy et qu'ils se rendent de plus en plus compte de la réalité cachée derrière la communication. Il faut espérer que cette prise de conscience perdurera jusqu'en 2012.
-Le Front de gauche fait plus du double de voix du NPA, et c'est appréciable de voir une extrême gauche plus raisonnable et constructive écraser un parti uniquement protestataire et aux desseins flous.

Comme je le soupçonnais depuis longtemps, au vu de la difficulté pour le MoDem de se faire entendre, il n'y a plus qu'à attendre les présidentielles pour que les médias prennent enfin la peine de parler un peu plus profondément des programmes. 2007 a prouvé que les bonnes idées défendues par Bayrou personnellement à cette occasion particulière pouvaient être entendues par les français. Le rôle du MoDem pour les deux années qui viennent est donc d'élaborer des propositions ambitieuses et pertinentes pour cette échéance capitale pour notre avenir. Je m'y emploierai pour ma part de toutes mes forces.

En attendant, dimanche prochain, la décision d'Europe Écologie de fusionner plutôt que se maintenir au second tour me privera malheureusement de la possibilité de voter pour la troisième voie à laquelle j'aspire.

mardi 9 mars 2010

Votez différent!

L’UMP se présente comme l’avatar régional du pouvoir sarkozyste qui précipite depuis un peu moins de trois ans le déclin du pays dans presque tous les domaines.

Le PS s’attend tranquillement, comme à chaque élection intermédiaire, à en tirer profit en visant le grand chelem et en conservant ses régions : mais ce parti est-il vraiment à la hauteur dans son opposition à Sarkozy ? S’est-il décidé à se rassembler pour un projet ambitieux et adapté aux graves menaces qui pèsent sur le pays ? Je ne le pense pas.

Parce que je pense qu’il faut donner urgemment de l’air à la politique française, je vous invite pour le premier tour des régionales à glisser dans l’urne un bulletin différent:
Le Front de gauche, si vous avez radicalement la fibre à gauche,
Europe Écologie, si vous placez l’écologie en tête des préoccupations,
Debout la République, si vous êtes davantage en phase avec la droite républicaine eurosceptique
Ou comme moi le Mouvement Démocrate, si vous élevez au plus haut rang la démocratie et toute la richesse des valeurs qu’elle incarne, et que vous souhaitez poursuivre l’espoir d’un large rassemblement capable d’accéder un jour au pouvoir et de changer la donne.

Par la force de leurs convictions, ces partis méritent également notre attention.

N’oubliez pas de lire les programmes, et optez pour un vote pluraliste, au nom d’un paysage politique plus riche !

mercredi 3 mars 2010

Un gouvernement allié à la corruption

J’avais lu en 2007 que Nicolas Sarkozy avait pour projet de « dépénaliser le droit des affaires »: il avait déclaré le 30 août 2007 devant les patrons du Medef: «La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur. Je veux y mettre un terme".
Toutefois, je ne parvenais pas à savoir avec certitude si cela avait été fait discrètement ou bien si cela n’était resté qu’au stade de désir exprimé…

J’ai eu la réponse hier, quand le projet de loi nommé « Réforme pénale » fut soumis à discussion. Là où la majorité des médias a évoqué la suppression de juge d’instruction –scandale bien suffisant il est vrai pour mobiliser toute notre indignation- Mediapart pour sa part a publié un article au sujet du deuxième scandale : les délits financiers (comme les abus de biens sociaux, entre autres corruptions) seraient prescrits six ans après avoir été commis.
Actuellement ils le sont trois ans après avoir été découverts par la justice, ce qui laisse le temps d’engager les poursuites, alors que ces délits sont souvent mis à jour de longues années plus tard.

Une nouvelle preuve qu’élire un avocat d’affaire amis des « puissants » et de politiciens pourris tels que Balkany, Tapie, Dassault… nuit beaucoup à la santé de notre justice, de notre démocratie, et de l’intérêt général.
Et qu’une nouvelle fois les grands médias ne font pas leur travail.

vendredi 11 décembre 2009

Vote de mes propositions d'amendements au congrès programmatique d'Arras

Sur les sept propositions que j'ai finalement transmises pour les délibérations finales, six ont été retenues par la commission d'examen des amendements pour être présentées au vote des 1500 militants au cours du congrès.
En effet, la septième traitait de trop de sujets à la fois (démographie, aide au développement, adoption), et j'aurais dû la scinder en trois amendements distincts pour qu'elle puisse être jugée recevable.

Sur ces six propositions, trois ont été adoptées en congrès après que je l'ai ai défendues oralement. Le lendemain, le programme officiel du Mouvement Démocrate était imprimé et les avait intégrées.

Les vidéos sont disponibles sur le site, mais j'ai pensé qu'il serait plus pratique de publier la retranscription des débats:

Rosalie KERDO. - L'amendement suivant est présenté par Christopher Lienard. Il s'agit d'une proposition additionnelle après la proposition 35. On revient sur le RSA.
Christopher propose d'insérer un nouveau paragraphe qui dirait : "Afin de leur permettre d'acquérir une expérience tout en se sentant utiles à la société et valorisés, chaque bénéficiaire de minima social doit exercer une activité à temps partiel au service de la communauté, dans le secteur associatif ou le secteur public, à hauteur de ses capacités".
Christopher LIENARD. - Le but est de permettre aux personnes qui touchent un minima social de se forger une expérience et de se sentir valorisées et, dans le même temps, de faire taire les critiques selon lesquelles un titulaire de mini social "profite" du système et ne travaille pas.
Le fait de demander une contrepartie à ces personnes me semblerait assez juste : un temps partiel pour qu'elles puissent avoir le temps de chercher un emploi à côté. En même temps, cela a aussi un autre bénéfice qui est d'apporter une force supplémentaire au secteur non marchant et au secteur public.
Rosalie KERDO. - Est-ce qu'il y a des personnes opposées à la proposition de Christopher ?
Isabelle … - Villiers-le-Bel.
[hors-sujet]
Rosalie KERDO. - Attention. Christopher ne parle pas des jeunes, mais de tous les bénéficiaires de minima sociaux. Il n'a pas parlé que des jeunes.
On va passer au vote.
L'amendement est adopté.
Robert ROCHEFORT. - Je voudrais que l'on essaie d'aller assez vite sur un certain nombre d'amendements qui suivent.
Concernant la proposition 42, Christopher Lienard propose que, au lieu de mettre "une réduction des niches fiscales", on mette "une réduction drastique des niches fiscales".
Êtes-vous d'accord ?...
Je lui donne la parole pour qu'il justifie.
Christopher LIENARD. - Le Gouvernement se targue déjà de réduire les niches fiscales, en en plafonnant quelques-unes à hauteur de quelques centaines de millions d'euros. Or, il y a plusieurs centaines de niches fiscales qui pèsent à peu près 75 Md€.
J'ai trouvé que le terme "une réduction des niches fiscales" était bien trop léger, vis-à-vis de l'étendue du travail à faire sur l'ensemble de ces niches. À mon avis, il faut les étudier une par une et ne garder que celles qui apportent un bénéfice.
M. … - Bourgogne.
On est d'accord pour supprimer les niches fiscales, mais le mot "drastique" n'apporte rien.
Robert ROCHEFORT. - Tu es contre parce que tu veux plus.
M. … - Bourgogne.
On peut toutes les enlever, si vous voulez.
Robert ROCHEFORT. - Vote :
L'amendement est accepté.
Après, Christopher Lienard propose une proposition additionnelle après la proposition 42, à savoir : "La mise en oeuvre d'un vaste plan de lutte contre la fraude fiscale sous toutes ses formes".
Il me semble que l'on peut l'adopter sans débat.
Êtes-vous d'accord pour que l'on mette en place un plan de lutte contre la fraude fiscale ?... Il y a quelqu'un qui est contre ?...
M. … - Je ne suis pas contre. C'est juste qu'il faut peut-être plutôt simplifier la fiscalité que mettre des gens pour contrôler tous ceux qui n'ont pas compris.
Robert ROCHEFORT. - Je propose que tu ne le défendes pas, puisque c'est tellement lisible.
Vote :
L'amendement est adopté.

Amendement de Christopher Lienard.
Christopher LIENARD. - Le but est d'étendre ce principe à tous les passages en classe supérieure, qu'à chaque fois, on vérifie vraiment que les acquis fondamentaux pour cette année sont validés par les élèves qui passent en classe supérieure.
Robert ROCHEFORT. - La seule question est de savoir si, quand on en dit beaucoup, voire peut-être un peu trop, on ne tue pas la force du message principal.
Y a-t-il quelqu'un qui veut s'exprimer contre cet amendement ?
M…. - Je pense que l'amendement pose le problème du redoublement. Est-on pour ou contre le redoublement comme méthode pédagogique pour apprendre le minimum de choses ?
On ne peut pas dire qu'il faut tous les acquis à tout moment, en refusant le redoublement.
Robert ROCHEFORT. - À cause de cela, tu es contre l'amendement.
Vous avez entendu les données du problème. Nous passons au vote.
L'amendement est rejeté.
Toujours sur le 93, Christopher Lienard nous propose de rajouter un paragraphe juste derrière le 93 qui est ainsi rédigé : "Parce qu'il est un rôle essentiel de l'école que d'apprendre à penser par soi-même, le développement de l'esprit critique et de la pensée doit être favorisé par le développement de disciplines les stimulant telles que la philosophie ou les débats d'actualité afin d'aider à l'émergence de citoyens éclairés et maîtres de leur destin".
Christophe LIENARD. - Actuellement, quand les élèves commencent la philosophie au stade de la terminale, pour beaucoup d'entre eux, ils ont du mal à se faire à la méthode d'enseignement. Je pense qu'il faut étendre ce type de discipline plus tôt dans l'enseignement, à partir de l'école ou du collège pour développer l'esprit critique et les capacités de débattre des élèves.
Robert ROCHEFORT. - Y a-t-il des votes contre ?
M. … - Une observation : développer l'esprit critique, on est tous pour, mais en revanche je suis très réticent à mettre en parallèle l'enseignement de la philosophie et les débats. La philosophie est une science fondamentale. Les débats, cela peut être n'importe quoi. Il faut distinguer les deux.
Par ailleurs, il y a déjà des disciplines dans le cursus secondaire qui favorisent l'esprit critique.
M … - Des enseignements tels que les lettres, l'histoire et la géographie sont là aussi pour développer l'esprit critique et sont là dès le primaire.
Robert ROCHEFORT. - Nous passons au vote.
L'amendement n'est pas retenu.

Autre amendement proposé par Christophe Lienard. Il s'agit d'une proposition additionnelle après le 74.
La Commission a souhaité réécrire sa proposition. Nous voudrions avoir son accord avant de le soumettre au vote.
Il nous dit : "il est nécessaire d'impliquer davantage les citoyens dans le débat public. Pour cela, l'État doit mettre à la disposition des Français un site Internet sur lequel il serait possible de faire des propositions, d'en débattre et de voter pour celles des autres afin qu'à intervalles réguliers la proposition la plus soutenue soit automatiquement inscrite à l'ordre du jour des débats du Parlement.".
Nous proposons une rédaction plus claire si vous en êtes d'accord : "introduire un dispositif de démocratie direct par Internet permettant aux citoyens d'inscrire une proposition à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale."
A-t-on traduit votre pensée ?
Christophe LIENARD. - Oui tout à fait, c'est plus clair.
Gilles ARTIGUES. - Qui est contre cet amendement ?
M. … - Je suis contre la démocratie directe à un niveau national par Internet parce que tout le monde n’utilisera pas ce moyen.
Christophe LIENARD. - Je précise que le but est de permettre de susciter un débat, pas de voter pour quelque chose. Il s’agit vraiment de pouvoir initier un débat à l'Assemblée comme par exemple vient de le faire Éric Besson sur l'identité nationale.
L'idée est que cela puisse venir des citoyens.
Gilles ARTIGUES. - Vote :
L'amendement est refusé.

samedi 28 novembre 2009

Contributions pour le congrès programmatique du MoDem - Démocratie

Contribution Chapitre 3-1 Démocratie – Christopher LIENARD – Mouvement Départemental du Nord (59)

Le deuxième tour des élections présidentielles de 2002 a montré que le système électoral pour cette élection présente le défaut de permettre à une personne rejetée par une grande majorité de la population (82%) de se trouver parmi les deux choix proposés à l’issu du premier tour.
Ceci serait corrigé par l’adoption du mode de scrutin dit « jugement majoritaire » expérimenté par des chercheurs de polytechnique (http://ceco.polytechnique.fr/jugement-majoritaire.html) et qui consiste à demander à l’électeur son opinion sur tous les candidats en lice au premier tour au lieu de simplement en choisir un. Non seulement cela le pousse à s’interroger davantage sur le profil de l’ensemble des candidats, mais cela garantit de voir au 2ème tour les deux candidats réellement préférés par les français.

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Afin d’impliquer davantage les citoyens dans le vie politique, l’ Etat pourrait mettre à disposition du public un site internet sur lequel il serait possible de proposer des lois, d’en débattre et de voter en ligne pour celles des autres. A intervalle régulier (tous les mois ?), la proposition arrivée en tête serait automatiquement inscrite à l’ordre du jour des débats du parlement.

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L’exemple du parlement européen, organe législatif à la proportionnelle à un tour, montre que ce mode de scrutin favorise le dialogue constructif entre les différents courants d’opinion tandis que l’assemblée nationale française donne davantage l’impression d’être une simple chambre d’enregistrement des décisions de l’exécutif, en plus de ne pas représenter fidèlement les opinions politiques des français. Il conviendrait donc de passer au mode de scrutin proportionnel à un tour pour les élections législatives françaises, et dans le même temps de relever le seuil du nombre nécessaire de parlementaires pour démettre le gouvernement à 3/5 afin d’éviter que cela engendre davantage d’instabilité politique.

mardi 24 novembre 2009

Contributions pour le congrès programmatique du MoDem - Enseignement Supérieur

Chapitre 4.2 Éducation Enseignement supérieur- Christopher LIENARD, Mouvement Départemental du Nord (59)


Afin de permettre une meilleure polyvalence des étudiants, et de faciliter le report sur une autre formation en cas d’échec sur la première, la mise en place de formations bi-disciplinaires, avec la préparation d’un diplôme majeur (par exemple 4 jours/semaine) et d’un diplôme mineur (1 jour/semaine) dans le même temps, serait une piste à explorer.

Cela donnerait aux étudiants une double-compétence complémentaire dans le monde du travail ou bien au contraire leur permettrait de suivre à la fois une discipline à fort débouchés dans le monde du travail (ex : comptabilité) et une discipline qui les passionne mais qui est moins porteuse (ex : art, philosophie…)

samedi 21 novembre 2009

Contribution pour le congrès programmatique du MoDem - Education; École-Collège-Lycée

Chapitre 4.1 Éducation École-Collège-Lycée – Christopher LIENARD, Mouvement Départemental du Nord (59)

Actuellement, de nombreux élèves passent en classe supérieure alors qu'ils n'ont pas les bases nécessaires.

Le conseil de classe ne doit donc pas suivre une politique du chiffre, ni voir les parents disposer du droit de refuser sa décision, et doit contrôler précisément que l'élève maîtrise un certains nombre d'acquis fondamentaux pour disposer du droit de passage en classe supérieure car lorsque le principal n’est pas acquis, ne pas faire redoubler l’élève c’est le condamner à garder des lacunes qui handicaperont beaucoup sa future réussite.

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Certains élèves sont très « perturbateurs » et/ou en grande difficulté, en raison du fait qu'ils manquent d'un certain nombre de repères ou d'équilibre dans leur vie personnelle.

Il conviendrait donc d'intégrer ces élève au sein d'une structure adaptée, en pensionnat, avec un encadrement pédagogique, psychologique et disciplinaire important.

Il s'agit de tout mettre en œuvre pour permettre à ces élèves de surmonter leurs difficultés personnelles suffisamment rapidement pour éviter l'échec scolaire.

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Parce qu'il est un rôle essentiel de l'école que d'apprendre à penser par soi-même, le développement de l’esprit critique et de la pensée doit être davantage pris en considération, afin d'aider à l'émergence de citoyens éclairés et maîtres de leur destin.

Dans ce but, la mise en place de créneaux de débats sur des thèmes divers (actualité, société, sciences, philosophie, éducation civique, prévention...) permettraient depuis le collège voir la primaire d'amener les élèves à développer une réflexion et un esprit critique.

La parole serait davantage ouverte aux élèves que pendant les autres cours, mais le débat pourrait être encadré par plusieurs adultes parmi les professeurs des différentes matières, sélectionnés pour leurs aptitudes à débattre et à faire débattre de façon ouverte de tous les sujets.

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A partir de la seconde, une demi-journée de découverte de l’enseignement supérieur et du monde de l’entreprise pourrait être régulièrement organisées. Les universités et les entreprises mettraient en œuvre un accueil permettant aux élèves de recueillir des informations sur les filières d’études, et sur les métiers qui leur seront ouverts.

Afin de les aider à préparer au plus tôt leur orientation, et à avoir une meilleur vision de ce qui les attend et ce pour quoi ils étudient, élèves pourraient au début de chacune des trois années de lycée assister à un ou plusieurs cours parmi les premières séances des formations universitaires de leur choix.

dimanche 15 novembre 2009

Contributions pour le congrès programmatique du MoDem - Finances Publiques

Le week-end du 4 décembre a lieu le congrès programmatique du Mouvement Démocrate à Arras, pour lequel un appel à contribution à été lancé aux adhérents, sur la base d'un document de travail préparatoire.

Comme contribuer au projet national était la raison initiale de mon adhésion à ce mouvement, il est naturel que je profite de cette occasion pour transmettre mes quelques idées.

Tout d'abord, une contribution au chapitre "Finances Publiques", qui fait déjà état de la nécessité de réformer complètement la fiscalité pour répondre au défit posé par l'explosion de la dette de la façon la plus juste possible.

Contribution 2.2 Finances publiques – Christopher LIENARD – Mouvement Départemental du Nord (59)

En raison de l’importance du manque à gagner pour les finances publiques que représentent les niches fiscales (75 milliards d’euro par an environ), il conviendrait d’être un peu plus précis et complet dans notre volonté d’engagement dans la réduction des niches fiscales proposé dans le document de travail préparatoire.

D’autre part, les fraudes fiscales, qui sont estimées entre 200 et 250 milliards d’euro par an pour l’ensemble de l’UE, sont également d’une importance telle qu’un vaste plan de lutte contre toutes ses formes est nécessaire, notamment par l’augmentation drastique du nombre d’inspecteurs, dont les salaires seront très certainement vite rentabilisés.

Cela se traduirait au niveau du document-programme par :

Remplacement de « - une réduction des niches fiscales »

Par :
« - une réduction des niches fiscales par l’examen approfondi de chacune d’entre elle, afin de supprimer toutes celles dont le rapport « bénéfice pour la société/manque à gagner pour les finances publiques » n’est pas indubitablement positif.

- la mise en œuvre d’un vaste plan de lutte contre la fraude fiscale sous toutes ses formes. »

samedi 13 décembre 2008

Les droits de l'homme, un boulet?

« Il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un État » Bernard Kouchner.

Ainsi diriger un état serait antagoniste aux droits de l'homme. Ces derniers nuiraient donc aux intérêts des pays...
Voilà, alors, la raison pour laquelle l'état français soutient des dictateurs africains qui s'occupent de faire prospérer leur richesse personnelle au détriment du développement de leur peuple.

Je comprend mieux pourquoi nous ne demandons jamais à la Chine de libérer ceux qui ont osé s'exprimer librement pour dénoncer l'état déplorable des droits humains dans ce pays.

Il est tout à coup limpide qu'il se conçoit être nécessaire d'en appeler au droit d'ingérence pour envahir des pays qui peuvent rapporter économiquement et stratégiquement, mais qu'il n'est pas question de porter secours à un peuple birman qui peut bien se « faire bouffer par les poissons » comme l'affirment en rigolant la junte qui le dirigent.

Fustiger Guantanamo est inutile, défier les russes au sujet des massacres de tchétchènes et de journalistes est une folie, apaiser le Darfour est secondaire, l'idée qui consisterait à faire en sorte de nourrir tous les êtres humains est ridicule.

Je comprend mieux, en écoutant Bernard Kouchner, l'état dans lequel le monde se trouve.

Oui, je crois bien qu'une révolution humaniste serait vraiment la bienvenue dans un monde ou les chefs d'État nient les liens unissant les hommes entre eux par delà les frontières, et ne savent faire tomber ces dernières que lorsqu'il s'agit d'économie et de profit.

Une révolution qui porterait l'idée que puisque diriger un pays actuellement est en contradiction avec les droits de l'homme, alors il faut diriger les pays différemment.

lundi 8 décembre 2008

Information et Démocratie

« Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets. » Alfred Sauvy

Je pense que la démocratie dépend complètement de la justesse de l'information. Parce que quand si le citoyen fonde son jugement sur des informations partielles, manipulées, ou censurées, alors c'est son jugement qui devient bancale ou manipulé. Le vote, comme expression du jugement, ne veut par conséquent rien dire.

Depuis que je suis de près l'actualité, c'est à dire depuis la dernière élection présidentielle, je suis donc particulièrement sensible à toute manifestation de la désinformation et des atteintes à l'indépendance des médias.
Ici un article malhonnête, là un journaliste renvoyé, là-bas une « simple » photo retouchée. Je n'ai pas fait le compte, par manque de temps, mais en ce qui concerne la « mise sur la touche » de journalistes, je citerai Daniel Schneiderman parce qu'il avait l'audace de décrypter les erreurs et autres manipulations des médias, Laurent Mauduit, parce que son enquête sur les caisses d'épargne tombait mal dans un journal, Le Monde, qui compte parmi ses dirigeant un conseiller personnel du PDG de ces caisses d'épargnes en la personne d'Alain Minc, PPDA, parce qu'il empêchait le remplacement à la tête de l'information de TF1 de Robert Namias, chiraquien, par le très sarkozyste Jean-Claude Dassier, Ulysse Gosset ,fondateur de France 24 et animateur vedette, parce qu'il a laissé passer un reportage trop peu flatteur du ministre Bernard Kouchner, époux de sa patronne Christine Ockrent...

Je ne peux par manque de temps, et sans doute de mémoire, lister les manifestations inquiétantes de la mainmise sur les médias d'un petit groupe de personnes, industriels ou financiers, patrons de presse ou actionnaires, à la tête desquels trône Nicolas Sarkozy.
Par sa mainmise sur le pouvoir législatif, et avec l'aide de la complicité passive générale, il fait passer des « réformes » qui détricotent notre démocratie imparfaite pour l'amener vers un semblant de démocratie.

Contrôle total de l'audiovisuel public, mainmise amicale des chaînes privées et de la presse, surveillance d'internet et plus si affinités... les quelques médias qui conservent une liberté de ton et d'investigation font figure de résistants face à une vague d' »uniformisation » de la pensée médiatique.
Médiapart, Marianne, Le Canard Enchainé, @rrets-sur-images, Rue89, les blogs et médias citoyens sont là pour maintenir le minimum de liberté et d'indépendance de la presse, mais combien de citoyens ont compris qu'ils étaient limités en se contentant des médias « traditionnels », comme hypnotisés par le 20h et son déluge d'information sans analyse fouillée ni prise de recul?
Combien de temps résisteront ces supports? Comment amener plus de gens à les lire? Comment rendre les citoyens critiques et exigeant envers ceux qui les informent?
En attendant de trouver des réponses à ces questions, vous pouvez signer
cet appel de Marianne pour l'indépendance et le pluralisme des médias.

samedi 6 décembre 2008

Un plan de relance peu satisfaisant

Nicolas Sarkozy a annoncé un plan de relance de 26 milliards d'euros pour lutter contre la crise. Malgré quelques bons points (allégement de charges à l'embauche pour les entreprises de moins de 10 salariés, investissement dans des logements...) je souhaite mettre ici l'accent sur ce qui est critiquable.

1)De la poudre aux yeux
Le chiffre de 26 milliards est avancé alors que parmi cette somme la paiement anticipé de créance de l'État aux entreprises et des investissements déjà prévus représentent une bonne partie de la somme. Certains estiment que le montant réel du plan se situerait aux alentours de 5 milliards, ce qui constitue une relance bien maigrichonne.
Seulement voilà, au vu des centaines de milliards débloqués pour les banques, le peuple risquait bien de souffler un vent de révolte si lui pâtissait de la crise sans que le gouvernement n'agisse. Il fallait donc lui annoncer la plus grosse somme possible. Un coup de communication du même ordre que le fameux « 0,14 points » de croissance, pour tenter d'endormir ceux qui ne creusent pas (et il y en a malheureusement beaucoup).

2)La prime à la casse: une mesure inefficace
Tout le monde semble d'accord pour dire que cette prime de 1000€ ne sera qu'un effet d'aubaine inutile, boostant un peu le secteur automobile avant de le faire plonger par contre-coup. Un soutien à l'achat d'un véhicule neuf serait une riche idée si des gammes de véhicule adaptés aux contraintes écologiques modernes avaient été développées (véhicules beaucoup plus légers, munis par exemple comme sur certains prototypes de pédaliers et de petits moteurs électriques) . Or ce n'est pas le cas.

3)Le démantèlement de règles anti-corruption
Voilà le plus grave des défauts de ce plan: il cache un beau paquet empoisonné.
Le plan prévoit de « simplifier la procédure d'attribution de marché public », c'est à dire d'augmenter le seuil au delà duquel le recours à un appel d'offre par l'État est obligatoire (il passe tout de même de quelque 206 000 euros à 5 ,15 millions d'euros!). La corruption sera donc beaucoup plus aisé, pour un plus grand nombre de contrats et d'un plus fort montant. Mais est-ce vraiment étonnant de la part de quelqu'un qui a obtenu une remise de 30% sur les travaux de son appartement personnel de Neuilly de la part de l'entreprise à laquelle il a attribué des marchés publics?

En conclusion, ce plan ne fait pas évoluer le système vers un nouveau modèle, plus écologique, plus durable et concentré sur le savoir et l'investissement. Seulement une petite partie de la somme de 26 milliards avancée est dédiée à cela. Cela est pourtant obligatoire pour sortir de la crise actuelle, liée à la faillite du système néocapitaliste. Et c'est bien plus que 26 milliards qui seront nécessaire...

samedi 15 novembre 2008

Vers une société sous surveillance nuisible aux libertés individuelles?

Le fichier Edvige avait déjà pour but de rassembler toutes les informations concernant les personnes qui ont un rôle dans la société publique, et celles qui seraient susceptibles de troubler l'ordre public.

A présent le gouvernement publie un appel d'offre proposant un contrat de 220 000 € par an à la société qui l'aiderait à:
- identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l'opinion,
- repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte, et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau,
- décrypter les sources des débats et leur mode de propagation,
- anticiper les risques de contagion et de crise.

En apprenant cela je me dis: Quel est donc l'objectif du gouvernement?
Les leaders d'opinion sur internet, comme les bloggers par exemple, ne sont pas des terroristes et la sécurité publique n'a à priori pas grand chose à craindre d'un espace de libertés comme internet.
Est-ce que Nicolas Princen, la sentinelle de l'Élysée sur internet après avoir été celle de l'UMP a besoin de soutien pour remonter ce qui se dit sur le net à son patron?
Ou bien cela témoigne-t-il des craintes de voir des mouvements se créer, puis utiliser l'outil internet pour se rassembler? De voir une révolte contre une politique injuste et inégalitaire et amenée à se durcir de plus en plus?
Ou encore est-ce pour surveiller les agissement publics des fonctionnaires?

En tout cas, cela va-t-il dans le sens d'une société plus démocratique?