Nicolas Sarkozy a annoncé un plan de relance de 26 milliards d'euros pour lutter contre la crise. Malgré quelques bons points (allégement de charges à l'embauche pour les entreprises de moins de 10 salariés, investissement dans des logements...) je souhaite mettre ici l'accent sur ce qui est critiquable.
1)De la poudre aux yeux
Le chiffre de 26 milliards est avancé alors que parmi cette somme la paiement anticipé de créance de l'État aux entreprises et des investissements déjà prévus représentent une bonne partie de la somme. Certains estiment que le montant réel du plan se situerait aux alentours de 5 milliards, ce qui constitue une relance bien maigrichonne.
Seulement voilà, au vu des centaines de milliards débloqués pour les banques, le peuple risquait bien de souffler un vent de révolte si lui pâtissait de la crise sans que le gouvernement n'agisse. Il fallait donc lui annoncer la plus grosse somme possible. Un coup de communication du même ordre que le fameux « 0,14 points » de croissance, pour tenter d'endormir ceux qui ne creusent pas (et il y en a malheureusement beaucoup).
2)La prime à la casse: une mesure inefficace
Tout le monde semble d'accord pour dire que cette prime de 1000€ ne sera qu'un effet d'aubaine inutile, boostant un peu le secteur automobile avant de le faire plonger par contre-coup. Un soutien à l'achat d'un véhicule neuf serait une riche idée si des gammes de véhicule adaptés aux contraintes écologiques modernes avaient été développées (véhicules beaucoup plus légers, munis par exemple comme sur certains prototypes de pédaliers et de petits moteurs électriques) . Or ce n'est pas le cas.
3)Le démantèlement de règles anti-corruption
Voilà le plus grave des défauts de ce plan: il cache un beau paquet empoisonné.
Le plan prévoit de « simplifier la procédure d'attribution de marché public », c'est à dire d'augmenter le seuil au delà duquel le recours à un appel d'offre par l'État est obligatoire (il passe tout de même de quelque 206 000 euros à 5 ,15 millions d'euros!). La corruption sera donc beaucoup plus aisé, pour un plus grand nombre de contrats et d'un plus fort montant. Mais est-ce vraiment étonnant de la part de quelqu'un qui a obtenu une remise de 30% sur les travaux de son appartement personnel de Neuilly de la part de l'entreprise à laquelle il a attribué des marchés publics?
En conclusion, ce plan ne fait pas évoluer le système vers un nouveau modèle, plus écologique, plus durable et concentré sur le savoir et l'investissement. Seulement une petite partie de la somme de 26 milliards avancée est dédiée à cela. Cela est pourtant obligatoire pour sortir de la crise actuelle, liée à la faillite du système néocapitaliste. Et c'est bien plus que 26 milliards qui seront nécessaire...
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