samedi 13 décembre 2008

Les droits de l'homme, un boulet?

« Il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un État » Bernard Kouchner.

Ainsi diriger un état serait antagoniste aux droits de l'homme. Ces derniers nuiraient donc aux intérêts des pays...
Voilà, alors, la raison pour laquelle l'état français soutient des dictateurs africains qui s'occupent de faire prospérer leur richesse personnelle au détriment du développement de leur peuple.

Je comprend mieux pourquoi nous ne demandons jamais à la Chine de libérer ceux qui ont osé s'exprimer librement pour dénoncer l'état déplorable des droits humains dans ce pays.

Il est tout à coup limpide qu'il se conçoit être nécessaire d'en appeler au droit d'ingérence pour envahir des pays qui peuvent rapporter économiquement et stratégiquement, mais qu'il n'est pas question de porter secours à un peuple birman qui peut bien se « faire bouffer par les poissons » comme l'affirment en rigolant la junte qui le dirigent.

Fustiger Guantanamo est inutile, défier les russes au sujet des massacres de tchétchènes et de journalistes est une folie, apaiser le Darfour est secondaire, l'idée qui consisterait à faire en sorte de nourrir tous les êtres humains est ridicule.

Je comprend mieux, en écoutant Bernard Kouchner, l'état dans lequel le monde se trouve.

Oui, je crois bien qu'une révolution humaniste serait vraiment la bienvenue dans un monde ou les chefs d'État nient les liens unissant les hommes entre eux par delà les frontières, et ne savent faire tomber ces dernières que lorsqu'il s'agit d'économie et de profit.

Une révolution qui porterait l'idée que puisque diriger un pays actuellement est en contradiction avec les droits de l'homme, alors il faut diriger les pays différemment.

lundi 8 décembre 2008

Information et Démocratie

« Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets. » Alfred Sauvy

Je pense que la démocratie dépend complètement de la justesse de l'information. Parce que quand si le citoyen fonde son jugement sur des informations partielles, manipulées, ou censurées, alors c'est son jugement qui devient bancale ou manipulé. Le vote, comme expression du jugement, ne veut par conséquent rien dire.

Depuis que je suis de près l'actualité, c'est à dire depuis la dernière élection présidentielle, je suis donc particulièrement sensible à toute manifestation de la désinformation et des atteintes à l'indépendance des médias.
Ici un article malhonnête, là un journaliste renvoyé, là-bas une « simple » photo retouchée. Je n'ai pas fait le compte, par manque de temps, mais en ce qui concerne la « mise sur la touche » de journalistes, je citerai Daniel Schneiderman parce qu'il avait l'audace de décrypter les erreurs et autres manipulations des médias, Laurent Mauduit, parce que son enquête sur les caisses d'épargne tombait mal dans un journal, Le Monde, qui compte parmi ses dirigeant un conseiller personnel du PDG de ces caisses d'épargnes en la personne d'Alain Minc, PPDA, parce qu'il empêchait le remplacement à la tête de l'information de TF1 de Robert Namias, chiraquien, par le très sarkozyste Jean-Claude Dassier, Ulysse Gosset ,fondateur de France 24 et animateur vedette, parce qu'il a laissé passer un reportage trop peu flatteur du ministre Bernard Kouchner, époux de sa patronne Christine Ockrent...

Je ne peux par manque de temps, et sans doute de mémoire, lister les manifestations inquiétantes de la mainmise sur les médias d'un petit groupe de personnes, industriels ou financiers, patrons de presse ou actionnaires, à la tête desquels trône Nicolas Sarkozy.
Par sa mainmise sur le pouvoir législatif, et avec l'aide de la complicité passive générale, il fait passer des « réformes » qui détricotent notre démocratie imparfaite pour l'amener vers un semblant de démocratie.

Contrôle total de l'audiovisuel public, mainmise amicale des chaînes privées et de la presse, surveillance d'internet et plus si affinités... les quelques médias qui conservent une liberté de ton et d'investigation font figure de résistants face à une vague d' »uniformisation » de la pensée médiatique.
Médiapart, Marianne, Le Canard Enchainé, @rrets-sur-images, Rue89, les blogs et médias citoyens sont là pour maintenir le minimum de liberté et d'indépendance de la presse, mais combien de citoyens ont compris qu'ils étaient limités en se contentant des médias « traditionnels », comme hypnotisés par le 20h et son déluge d'information sans analyse fouillée ni prise de recul?
Combien de temps résisteront ces supports? Comment amener plus de gens à les lire? Comment rendre les citoyens critiques et exigeant envers ceux qui les informent?
En attendant de trouver des réponses à ces questions, vous pouvez signer
cet appel de Marianne pour l'indépendance et le pluralisme des médias.

samedi 6 décembre 2008

Un plan de relance peu satisfaisant

Nicolas Sarkozy a annoncé un plan de relance de 26 milliards d'euros pour lutter contre la crise. Malgré quelques bons points (allégement de charges à l'embauche pour les entreprises de moins de 10 salariés, investissement dans des logements...) je souhaite mettre ici l'accent sur ce qui est critiquable.

1)De la poudre aux yeux
Le chiffre de 26 milliards est avancé alors que parmi cette somme la paiement anticipé de créance de l'État aux entreprises et des investissements déjà prévus représentent une bonne partie de la somme. Certains estiment que le montant réel du plan se situerait aux alentours de 5 milliards, ce qui constitue une relance bien maigrichonne.
Seulement voilà, au vu des centaines de milliards débloqués pour les banques, le peuple risquait bien de souffler un vent de révolte si lui pâtissait de la crise sans que le gouvernement n'agisse. Il fallait donc lui annoncer la plus grosse somme possible. Un coup de communication du même ordre que le fameux « 0,14 points » de croissance, pour tenter d'endormir ceux qui ne creusent pas (et il y en a malheureusement beaucoup).

2)La prime à la casse: une mesure inefficace
Tout le monde semble d'accord pour dire que cette prime de 1000€ ne sera qu'un effet d'aubaine inutile, boostant un peu le secteur automobile avant de le faire plonger par contre-coup. Un soutien à l'achat d'un véhicule neuf serait une riche idée si des gammes de véhicule adaptés aux contraintes écologiques modernes avaient été développées (véhicules beaucoup plus légers, munis par exemple comme sur certains prototypes de pédaliers et de petits moteurs électriques) . Or ce n'est pas le cas.

3)Le démantèlement de règles anti-corruption
Voilà le plus grave des défauts de ce plan: il cache un beau paquet empoisonné.
Le plan prévoit de « simplifier la procédure d'attribution de marché public », c'est à dire d'augmenter le seuil au delà duquel le recours à un appel d'offre par l'État est obligatoire (il passe tout de même de quelque 206 000 euros à 5 ,15 millions d'euros!). La corruption sera donc beaucoup plus aisé, pour un plus grand nombre de contrats et d'un plus fort montant. Mais est-ce vraiment étonnant de la part de quelqu'un qui a obtenu une remise de 30% sur les travaux de son appartement personnel de Neuilly de la part de l'entreprise à laquelle il a attribué des marchés publics?

En conclusion, ce plan ne fait pas évoluer le système vers un nouveau modèle, plus écologique, plus durable et concentré sur le savoir et l'investissement. Seulement une petite partie de la somme de 26 milliards avancée est dédiée à cela. Cela est pourtant obligatoire pour sortir de la crise actuelle, liée à la faillite du système néocapitaliste. Et c'est bien plus que 26 milliards qui seront nécessaire...