mardi 16 mars 2010

Mon analyse des résultats des élections régionales

Les français ont utilisé tous les moyens qu'ils avaient à leur disposition pour exprimer leur ras-la-bol:

-Abstention tout d'abord: c'est selon moi un comportement particulièrement inutile et inexcusable au vu du large choix politique proposé au 1er tour, en tout une dizaine de liste, et cela revient à laisser les autres choisir pour soi.
Pourtant il faudrait en profiter: le projet de réforme du mode de scrutin pour les régionales vers un mode uninominal à un tour aura pour conséquence de tuer tout autre parti que les deux dominants (comme aux législatives mais en encore pire...).
-de nombreux votes socialistes en guise d'opposition au gouvernement
-un FN assez fort, sans doute favorisé par les thèmes xénophobes mis sur la table dernièrement dans les médias...

Pourquoi pas le MoDem, dont les électeurs se sont massivement détournés, hormis en Aquitaine? D'abord, en situation de crise profonde l'électeur a moins tendance à rechercher la complication: parce qu'il recherche une protection sociale et que le PS est toujours l'opposant "officiel" du gouvernement, il est apparu comme le choix logique, le premier qui vient à l'esprit. Dans ces conditions le choix de candidats peu connus d'un nouveau parti peu identifié est difficile.
Une preuve à cela: dans une région le MoDem triple son score simplement parce que sa tête de liste est connue.
Le vote démocrate a besoin d'une implication plus forte, d'un vote basée sur des idées et un programme particulier. Autant d'éléments qui ont eu peu voix au chapitre pendant une campagne de caniveau.

Le niveau de la campagne a-t-il été choisi à dessein par ceux qui pensaient que cela leur profiterait? En tout cas, de fait l'absence de débat d'idée ne profite pas aux petits partis qui voudraient renverser l'ordre établi... Que le PS et l'UMP, incapables de résoudre les nombreux et graves problèmes posés à notre société, restent aux manettes empêche une nouvelle fois qu'une voie politique nouvelle se développe, une voie politique qui innoverait, et qui pourrait même séduire les nombreux électeurs qui ne veulent plus entendre parler de politique.

De même une autre troisième force possible, la voie écologique, s'est affaiblie en raison d'une part de l'habileté de Sarkozy à associer l'écologie à sa conception, bâclée, de la taxe carbone, et d'autre part de l'écho médiatique donné aux climato-cyniques, lobbyistes niant le réchauffement climatique et par là même 30 ans de travaux scientifiques.

Les motifs de satisfaction:
-La majorité présidentielle subit une débâcle sans précédent dans l'histoire, ce qui montre que les français sont de moins en moins dupes des mensonges de Sarkozy et qu'ils se rendent de plus en plus compte de la réalité cachée derrière la communication. Il faut espérer que cette prise de conscience perdurera jusqu'en 2012.
-Le Front de gauche fait plus du double de voix du NPA, et c'est appréciable de voir une extrême gauche plus raisonnable et constructive écraser un parti uniquement protestataire et aux desseins flous.

Comme je le soupçonnais depuis longtemps, au vu de la difficulté pour le MoDem de se faire entendre, il n'y a plus qu'à attendre les présidentielles pour que les médias prennent enfin la peine de parler un peu plus profondément des programmes. 2007 a prouvé que les bonnes idées défendues par Bayrou personnellement à cette occasion particulière pouvaient être entendues par les français. Le rôle du MoDem pour les deux années qui viennent est donc d'élaborer des propositions ambitieuses et pertinentes pour cette échéance capitale pour notre avenir. Je m'y emploierai pour ma part de toutes mes forces.

En attendant, dimanche prochain, la décision d'Europe Écologie de fusionner plutôt que se maintenir au second tour me privera malheureusement de la possibilité de voter pour la troisième voie à laquelle j'aspire.

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